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DJIBOUTI (ADI) – 29 Oct 2007- Le Président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, à participé aujourd'hui à Kigali, Rwanda, avec plusieurs autres Chef d'Etats et de gouvernement africains, de ministres, de dirigeants de compagnies TIC africaines et mondiales et de directeurs d'institutions financières internationales et régionales, à l'ouverture de la conférence internationale sur le développement d'Internet en Afrique.
L'objectif de ce sommet de deux jours, sera de discuter de l'application des stratégies qui vont permettre au continent africain de mettre les technologies de l'information (TIC) au service du développement.
Outre M. Ismaïl Omar Guelleh, six autres Chefs d'Etats prennent part à ce sommet : le Président rwandais Paul Kagame, Amadou Toumani Toure (Mali), Bingu Wa Mutharika (Malawi), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Aboudoulaye Wade (Sénégal), et Pierre Nkurunziza (Burundi).
Le Chef de l'Etat djiboutien a prononcé à l'ouverture de la conférence un discours dans lequel il a mis en relief l'expérience djiboutienne en matière de promotion et de vulgarisation des TIC, ainsi que les réalisations en ce domaine. L'ADI reproduit in extenso le discours du Chef de l'Etat.
"D'emblée, qu'il me soit permit de féliciter notre hôte M. Paul Kagamé, président de la république du Rwanda pour son initiative bien inspirée d'abriter dans son beau pays une conférence au cours de laquelle une réflexion approfondie s'engagera sur les méthodes, les stratégies et les moyens de rendre accessible aux africains, les technologies de l'information et de la communication, à l'échelle continentale en connecter les villes et les villages africains d'ici 2015.
J'aimerais au nom de la délégation de la république de Djibouti et en mon nom personnel exprimer à notre hôte et au peuple rwandais nos remerciements et notre appréciation pour la qualité de l'accueil et la fraternelle hospitalité dont nous avons fait l'objet depuis que nos pieds ont touché le sol de ce pays béni.
Habités par une vision commune d'une Afrique moderne et prospère, nous sommes venus des quatre coins de notre continent et pour certains des confins de la terre, afin de réfléchir un temps soit peu aux voies et moyens qui permettront de propulser notre continent dans le 21 e siècle.
Cette vision repose entre autres sur des convictions profondes que les africains ont le potentiel humain et la volonté nécessaire de faire leur révolution numérique.
L'on a souvent imputé les raisons des maux de notre continent à son cheminement dans une histoire marquée par l'ingérence, les interférences, les pillages de ses ressources qui ont certainement empêché les africains à un moment donné de faire leur révolution agricole et industrielle en provoquant la rupture irrémédiable de certains équilibres.
Cependant, cela n'explique pas tout, et d'aucuns nous rétorqueront que, nous africains avons une part de responsabilité non négligeable dans ce retard pris par notre continent dans les différents domaines du développements durables et en particulier dans les technologies de l'information et de la communication.
C'est pourquoi, il serait hasardeux de perdre davantage de temps car l'heure est à l'action, une action dont les contours ont été clairement définis lors du sommet mondial sur les TIC tenue en Tunisie en 2005.
Des objectifs louables ont été définis à l'issue de ce sommet de Tunis. Aujourd'hui, le sommet de Kigali s'inscrit dans une perspective de matérialisation de ces objectifs par la mise en œuvre des décisions et de mesures concrètes.
Pour ce faire, il est impératif de créer une synergie optimale entre tous les partenaires engagés sur ce défi, à commencer par l'Union Internationale des Télécommunications travaillant en osmoses parfaite avec les organisations régionales, continentales et internationales avec le soutien matériel et financier de la part des partenaires bilatéraux et multilatéraux et en particulier les institutions financières internationales.
Je salue à cette occasion la présence parmi nous, des dirigeants de ces organisations et des ces institutions ainsi que les représentants des pays amis de l'Afrique soucieux d'apporter leur contribution à la réduction de cette fracture numérique.
Excellences Mesdames et Messieurs,
L'essentiel des idées et des recommandations qui se dégageront de nos débats requiert sans le moindre doute des moyens conséquents et des mécanismes appropriés de financement qui ne revêtent pas systématiquement un caractère hautement contraignant à l'instar du carcan traditionnel de l'aide au développement.
Bien entendu, il nous appartient à nous, décideurs africains de partir sur les bases nouvelles d'un champs d'action et d'un partenariat intelligent qui stimule aussi bien les bailleurs que les récipiendaires et qui s'articule autour :
· D'une connexion des villes et villages africains en les faisant bénéficier des services haut débit en matière de TIC associé à la téléphonie rurale.
· La création d'un spectre élargie de fournisseurs de service Internet en réseau sans fil.
· La formation des générations d'internautes et d'experts africains de ces technologies ou tout simplement l'acquisition et la maîtrise par le plus grand nombre d'usagers africains des techniques de base en la matière.
· La création de centres d'excellences pour chaque sous région de l'Afrique.
· Le développement et la mise en œuvre de stratégies concertée sur le plan continental pour une intégration numérique en passant par des leviers tels que l'éducation, le commerce, la santé, le gouvernement via Internet et j'en passe etc…
Il est indéniable que la tache qui nous attend semble titanesque de prime abord et faut-il le rappeler l'évolution effarante et quasi quotidienne de ces technologies laisse très peu de place à l'attentisme et à l'inertie.
Ceux de nos pays africains qui ont pris la mesure des défis à relever ont déjà entrepris un certain nombre d'actions encourageantes qui se sont d'abord traduites par leur adhésion au Fond Global de Solidarité numérique, ce qui représente un premier pas utile vers cette intégration numérique dans le réseau planétaire.
Excellence Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement
Mesdames et Messieurs,
L'expérience de la République de Djibouti en la matière s'est bâtie au fil des années sur une approche progressive s'appuyant sur certaines réalisations dont le soubassement reste le développement des infrastructures nationales en quatre phases :
· La première phase a permis de mettre en place une boucle en fibre optique sécurisée au sein de la capitale. Ce nouveau réseau permettant d'une part de faciliter et d'accélérer les capacités de transmission et d'autre part, d'offrir de nouveaux services à valeur ajouté tel que des accès à haut débit au réseau mondial internet.
· La seconde phase a été relative à la numérisation et à l'augmentation de la capacité des jonctions hertziennes nationales reliant la capitale aux différentes régions de l'intérieur. Cela a permis notamment de rendre les communications des réseaux fixes et mobiles beaucoup plus fluides et à facilité également l'accès des abonnés des régions de l'intérieur à la passerelle internet.
· La troisième phase étant relative au réseau de transmission international par satellite. L'acquisition de cette nouvelle station terrienne possède deux fonctions bien distinctes. D'une part, elle permet de sécuriser le trafic international en cas de coupure ou d'indisponibilité d'acheminer des câbles sous marins et d'autre part, elle offre la possibilité d'acheminer et de recevoir des programmes de télévision. Cette plate forme permettra également d'interconnecter les opérateurs des pays de la sous région.
· La quatrième phase concerne l'extension de notre plate-forme de réseau mobile dont la capacité a été portée à plus de 250 000 abonnés avec les dernières technologies de pointe.
Au delà de la politique de rénovation de ses infrastructures, le gouvernement de la République de Djibouti a soutenu des directives pour promouvoir l’accès aux nouvelles technologies dans les zones défavorisées et les régions de l’intérieur du pays. En mettant en place une série de mesures relatives à :
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La connexion des établissements scolaires, des centres communautaires et les sièges des associations en pratiquant en leur faveur des tarifs spéciaux.
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Toutes les régions de l’intérieur du pays sont aujourd’hui connectées à Internet haut débit avec un projet en déploiement pour la téléphonie rurale.
Il est indéniable que la République de Djibouti s’est tracée de longue date une ligne de conduite en matière de TIC en se positionnant à chaque fois à l’avant-garde des pays de la région par la promotion d’une stratégie régional d’intégration numérique.
En effet, Djibouti a compris la nécessité de construire les dorsales nationales et régionales nécessaires pour écouler le trafic local mais surtout international issu de la région.
Dans le cadre de sa stratégie de diversification de ses prestations et de désenclavement régional, Djibouti a pour ambition de se positionner en Afrique Orientale et de l’Est comme un pays intégrateur de trafic de voix et de données.
En effet, le marché des télécommunications en Afrique de l’Est connaît un formidable développement tant au niveau de prestations fixes et mobiles que celui du trafic en transit mais surtout le trafic internet.
Afin de faire face aux nouveaux défis rappelés plus haut, Djibouti participe à de nouveaux projets de câble sous-marin qui vont compléter les systèmes existants :Il s’agit des projets Eassy et SMW5.
Eassy est un projet de câble sous-marin à grande capacité reliant la ville de Mtunzini en Afrique du Sud à Port Soudan avec des brettelles au Mozambique, Madagascar, Tanzanie, au Kenya, Somali et Djibouti. Ce câble permettra aux pays de l’Afrique Orientale d’être enfin reliés aux inforoutes immergées facilitant ainsi, à plus de 250 millions de personnes à l’accès aux technologies de l’information et de la communication à un prix raisonnable. Le coût du projet est de 235 millions US. Le consortium composé de 30 opérateurs a finalement bouclé le financement pour développer le projet Eassy.
Par ailleurs, SMW5 est un projet de câble à très grande capacité qui reliera l’Inde à l’Europe Occidentale. Le consortium est finalement constitué. Il est formé de 19 opérateurs. Djibouti est un des pays en Afrique de l’Est avec le Soudan qui bénéficieront d’une station d’accès au câble SMW5. L’objectif principal de ce projet est de servir d’alternative aux systèmes existants notamment le câble SMW4, et de préparer le emplacement du système SMW3. Ce nouveau projet permettra de faire face à l’explosion du trafic voix et de données entre l’Asie et l’Europe Occidentale.
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De même, le projet Terrestre de Câble en Fibre Optique reliant l’Ethiopie à Djibouti est en cours d’exécution. En effet, le point d’interconnexion idéal pour l’Ethiopie sur les systèmes immergés de câble sous-marin, est Djibouti.
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Ainsi, l’Ethiopie pourra se relier facilement sur les réseaux SMW3, SMW-5 et EASSY.
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Enfin, le projet d’interconnexion par Faisceau Hertzien avec les opérateurs somaliens se met progressivement en place car une liaison dorsale avec les opérateurs somaliens a été mise en place en 2007. Cette plate forme supporte essentiellement la connectivité Internet et à court terme, elle permettra de commuter l’ensemble du trafic de la Somalie.
Excellence, Mesdames et Messieurs,
Vous conviendrez avec moi que la position géostratégique de Djibouti lui permet de jouer ce rôle particulier de trait d’union et lui confère la possibilité de devenir un jour un Hub régional en matière de TIC sans minimiser pour autant l’ampleur des défis que posent l’émergence d’une société numérique à moyen terme."
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