MOGADISCIO - Une responsable du département d'Etat s'est
rendue samedi en Somalie. Elle entend convaincre le
gouvernement intérimaire d'établir un cessez-le-feu pour
ouvrir la voie à une conférence de réconciliation menacée
par les violences à Mogadiscio.
Jendayi Frazer est le plus
haut diplomate américain à effectuer une visite en Somalie
depuis 1994. Elle a rencontré le chef de l'Etat somalien,
Abdullahi Yusuf, le Premier ministre Ali Mohamed Gedi et les
dirigeants du parlement.
La visite de Mme Frazer intervient au sixième jour d'une
trêve fragile dont la conclusion a mis fin à certains des
combats les plus violents qu'ait connus Mogadiscio depuis
quinze ans.
Les affrontements avaient éclaté à l'occasion d'une
offensive lancée par les troupes gouvernementales et leurs
alliés éthiopiens pour mettre fin à une insurrection
persistante avant la tenue d'une conférence de
réconciliation nationale fixée au 16 avril.
"Elle et tous les interlocuteurs qu'elle a rencontrés ont
convenu que le processus de réconciliation doit être ouvert
à tous les Somaliens qui fuient la violence, l'extrémisme et
le terrorisme", a déclaré à Washington Sean McCormack, porte-parole
du département d'Etat.
"Elle a exposé le point de vue américain selon lequel le
meilleur moyen d'isoler les terroristes et les extrémistes
est un processus politique global basé sur la Charte
fédérale de transition".
Entre le 29 mars et le 1er avril, l'offensive
somalo-éthiopienne a entraîné la démolition de quartiers
entiers visés par les tirs de chars et d'artillerie parce
qu'ils servaient de refuge aux éléments insurrectionnels.
Les combats ont fait au moins 400 morts et un millier de
blessés.