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Revue de presse : La piraterie, "partie émergée du problème" somalien, selon le ministre italien des A.E
La piraterie est "une partie du problème" somalien et ne constitue que "la partie émergée de l'iceberg", a estimé mardi le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini en ouvrant à Rome une réunion de deux jours du Groupe international de contact pour la Somalie.

"La piraterie n'est qu'une partie du problème, que la partie émergée de l'iceberg.
Les causes profondes de la piraterie viennent des crises politique, économique et sociale sur ce territoire, pas en mer", a déclaré M. Frattini lors d'une conférence de presse.

Il a estimé que la piraterie "est un crime qui a atteint une ampleur intolérable" et qu'elle constituait tout comme "le terrorisme, l'immigration clandestine et le trafic d'êtres humains, une menace pour la sécurité des personnes, et en fin de compte pour la sécurité européenne".

Selon Ecoterra International, une ONG environnementale surveillant les activités maritimes illégales dans la région, les pirates somaliens ont effectué 126 attaques en 2009, dont 44 captures de navires.

Près de 40 pays et organisations internationales participent à la quinzième réunion de ce Groupe de contact sur la Somalie, formé en 2005.

Le Premier ministre somalien Omar Abdirashid Sharmarke participe à la réunion. Le président Cheikh Sharif Ahmed, qui devait faire le déplacement à Rome, a finalement renoncé en raison de la situation à Mogadiscio, en proie à d'intenses combats entre milices pro-gouvernementales et insurgés islamistes.

Le ministre italien des Affaires étrangères a estimé que les efforts devaient se concentrer sur "la crise humanitaire, la reconstruction de l'économie somalienne" et qu'il fallait "proposer du travail aux jeunes et offrir à tous la perspective que la situation peut changer", a-t-il ajouté.

"L'Italie est aux côtés de la Somalie", son ancienne colonie de 1889 à 1941, "non seulement pour des raisons historiques mais aussi parce qu'il est inacceptable d'abandonner des millions de personnes à leur sort fait de guerre et de violence", a tenu à souligner Franco Frattini.

Il a jugé qu'il y avait "des éléments pour un optimisme prudent, malgré les récentes explosions de violence que certains observateurs considèrent comme une réaction de ceux qui s'opposent au processus de paix".

"Des milliards de dollars ont été dépensés ces dix dernières années et la crise est toujours là", a pour sa part déploré le président du Groupe de contact, le Mauritanien Ahmedou Ould-Abdallah.

La présence de la force internationale chargée de traquer les pirates en mer constitue "un signe de solidarité et fait que la piraterie devient plus difficile et plus coûteuse", a-t-il souligné, ajoutant qu'en "aidant la Somalie à combattre la piraterie on aidait aussi le Kenya, l'Ouganda, le Burundi, le Rwanda et le sud du Soudan".

Concernant le remorqueur italien Buccaneer et ses 16 membres d'équipage, aux mains de pirates somaliens depuis le 11 avril, Franco Frattini a réaffirmé son opposition à toute "opération armée pour le libérer", jugeant que "la négociation politique" avec les autorités locales était la seule voie possible.

 

[ Source : AFP

 

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