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Ismaïl Omar Guelleh
: « Chaque 27 juin,
célébré dans la
liberté, l’unité,
l’égalité et la paix,
est un pari relevé,
un pari gagné contre
tous ceux qui n’ont
pas cru en l’avenir
et au devenir de
notre Nation »
Le Chef de l’Etat M. Ismaïl Omar Guelleh, a présidé ce samedi au Palais présidentiel de Djibouti la traditionnelle réception organisée pour la célébration du 32ème anniversaire de l’indépendance nationale. Une réception à laquelle ont assisté les membres du gouvernement et du parlement, les principaux responsables des corps constitués, les représentants du corps diplomatique et consulaire, les représentants des organisations régionales et internationales, les délégations civiles et militaires des puissances alliées, ainsi que d’autres invités de marque et de simples citoyens. Comme à l’accoutumée, M. Ismaïl Omar Guelleh a prononcé une importante allocution, au cours de laquelle il a fait part de la ferveur et de la joie qu’il partageait avec ses compatriotes « pour célébrer dignement le 32ème anniversaire marquant l’indépendance de notre pays ». « Chaque 27 juin, célébré dans la liberté, l’unité, l’égalité et la paix, est un pari relevé, un pari gagné contre tous ceux qui n’ont pas cru en l’avenir et au devenir de notre Nation : en sa légitimité, en sa solidité, en son développement et en son progrès », a t-il dit, ajoutant que « ce 27 juin est également une occasion de rendre hommage à tous nos martyrs et à ceux qui ont œuvré pour que la République se tienne sur ses jambes. A vous tous, la nation sera à jamais reconnaissante ». L’ADI reproduit en intégralité le discours du Chef de l’Etat et du gouvernement. Chères citoyennes et chers citoyens, Nous voici, réuni encore une fois, dans la ferveur et la joie, pour célébrer dignement le 32ème anniversaire marquant l’indépendance de notre pays. Chaque 27 juin, célébré dans la liberté, l’unité, l’égalité et la paix, est un pari relevé, un pari gagné contre tous ceux qui n’ont pas cru en l’avenir et au devenir de notre Nation : en sa légitimité, en sa solidité, en son développement et en son progrès. Ce 27 juin est également une occasion de rendre hommage à tous nos martyrs et à ceux qui ont œuvré pour que la République se tienne sur ses jambes. A vous tous, la nation serra à jamais reconnaissante. La lutte pour notre indépendance a été longue et coûteuse. Des hommes et des femmes ordinaires, portés par l’amour de la patrie et le refus d’accepter toute perpétuation de domination, ont défié toute une puissance coloniale afin que le peuple djiboutien ainsi que les générations suivantes puissent recouvrer leur droit et leur vocation naturelle d’exister et de vivre libres. Libres dans un état souverain, moderne, ayant toute sa place au sein de la communauté internationale ; un état capable d’assumer les responsabilités et les obligations que lui confère cette position privilégiée. Chers compatriotes, Les principes et les valeurs offerts par l’indépendance et par nos institutions républicaines sont sacrés. Je pense, en particulier, à l’égalité, socle de notre unité nationale. En effet, c’est par elle que tous les djiboutiens sont égaux devant la loi, qu’ils reçoivent indifféremment le même traitement, indistinctement les mêmes droits, les mêmes chances. Ce principe fondamental de notre République qu’est l’égalité des chances, lorsqu’il est effectif, lorsqu’il devient réalité, constitue une réponse formidable à toute problématique sociale qui fait défi à notre projet de société et de développement. Ce projet de société a pour mission d’assurer un état de droit, garant de la liberté de chacun, et capable d’offrir l’égalité des droits et des chances à tous les enfants de la République, en particulier à sa jeunesse. La jeunesse, trait d’union entre passé et futur, constitue une priorité pour toute nation qui rêve d’avenir. Voila pourquoi, dès mon arrivée à la tête de ce pays, j’ai assigné à mon gouvernement, l’objectif de rendre effectif ce droit fondamental en mettant en œuvre une politique globale qui ne traiterait pas la problématique des jeunes par le biais d’un seul et unique ministère sectoriel. Pendant longtemps, conscient du manque cruel d’une jeunesse éduquée, nous avons valorisé une éducation de qualité et prêché le savoir et l’éducation universitaire. Cependant, il est temps de faire une pause et nous pencher sur la tranche de jeunes exclus prématurément du système éducatif, sans formation suffisante et sans qualification professionnelle, et chercher les moyens de les récupérer par l’apprentissage, la formation et l’insertion professionnelle. Bref, Mesdames et Messieurs, nous avons mis en place une politique de la jeunesse suffisamment audacieuse pour être capable de créer les conditions nécessaires pour que se réalise la société du maximum qui offrirait à ses jeunes : le maximum en matière d’éducation et de santé ; le maximum en matière de formation ; le maximum dans le domaine de l’emploi. En vue de corriger les lacunes d’avant, un effort sans précèdent a été engagé au niveau de tout le système national d’enseignement, effort qui s’est concentré sur une reforme profonde appelée à se poursuivre, et qui a été accompagnée de nombreuses réalisation. En jetant les bases d’une école démocratique qui puisse satisfaire le principe d’égalité, nous avons voulu assurer à tous nos jeunes un niveau de formation générale élevé, garant d’une insertion professionnelle et sociale réussie et d’un accomplissement personnel. Le gouvernement s’est à cet égard, engagé dans une reforme de l’apprentissage qui doit trouver naturellement sa place, une place plus importante ainsi qu’une considération plus accrue, dans l’ensemble des dispositifs de formation et d’insertion professionnelle proposées aux jeunes. Mes chers compatriotes, Le chômage est un fléau qui frappe particulièrement les jeunes dans notre pays. Pour le réduire, il n’y a pas à notre avis, de solution miracle. Tout réside dans une seule idée ; la création d’entreprises. Il nous faut faire le pari de l’entreprise pour répondre à la problématique de l’emploi car notre pays est petit et par conséquent son marché aussi. Nous arrivons à un seuil critique ou notre état n’est plus en mesure d’absorber la masse de chômeurs. Pour cela, il nous faut reconnaître et encourager l’esprit d’entreprise, privilégier les projets à fort potentiel et adapter l’offre financière aux besoins des entreprises. L’industrialisation de notre pays constitue une autre réponse à la problématique de l’emploi. C’est dans cette optique que mon gouvernement s’est déjà engagé à mobiliser les moyens nécessaires pour redynamiser et soutenir l’émergence d’une véritable industrie locale, créatrice d’emplois et de revenus et apte à satisfaire la demande. Enfin nous nous sommes engagés, il y a quelques années, à développer nos infrastructures portuaires et faire de notre pays un hub régional. En vue de continuer sur cette dynamique régionale, nous devrons développer des infrastructures routières de qualité afin que notre économie puisse elle gagner substantiellement en compétitivité. Je souhaite ici inviter les forces vives de cette Nation à la conquête de nouveaux horizons, à élargir les perspectives d’avenir de ce pays. Pour cela, nous devons voir toujours plus grand, toujours plus loin. Il nous faudra avoir la vision assez claire et la volonté assez forte pour parvenir à jouer pleinement notre rôle dans ce grand projet régional qui se dessine. Mes chers compatriotes, La lutte contre la pauvreté est un engagement long et difficile, et il est indéniable que l’état ne pourra pas y arriver tout seul car toute action entreprise par l’état, si elle n’est pas soutenue et amplifiée par tous les acteurs de la société, restera incomplète et stérile. En fédérant nos intelligences, nos efforts et nos ressources, nous pouvons concrétiser notre développement. La micro-finance est aujourd’hui largement reconnue comme un levier du développement qui contribue à la lutte contre la pauvreté. En diversifiant et en harmonisant les institutions de micro-finance, nous avons introduit des méthodes novatrices pour aider les plus pauvres à épargner et emprunter. Pour remédier à la faiblesse de l’épargne nationale, il nous a fallu avec les institutions de la micro-finance, développer des produits financiers adéquats, lever tous les obstacles à la bancarisation des ménages. L’appropriation du système par les femmes, en particulier a permis de sortir de nombreuses familles du cercle vicieux de la pauvreté. En effet, de par leur leadership, les femmes ont su instaurer un capital de confiance nécessaire et vital à tout système de micro-finance. Le défi de taille qui reste à relever maintenant est le changement d’échelle. La demande est de plus en plus forte. Il nous faudra trouver les moyens d’accroître les capacités de nos institutions de micro-finance. Mes chers compatriotes, Un an après l’agression érythréenne contre notre territoire, le régime érythréen continue de défier la communauté internationale par son refus obstiné de se conformer à toutes les résolutions internationales et en particulier à la résolution 1862 du Conseil de Sécurité. Il est temps que le Conseil de sécurité prenne ses responsabilités. Le peuple djiboutien a démontré assez de patience et de retenue. Je voudrais profiter de cette occasion pour exprimer mon admiration et mon estime à nos vaillants soldats déployés face à l’ennemi. Je vous souhaite à vous tous bonne fête et bon courage. Je ne saurais terminer mes propos ici sans un mot sur la situation tragique qui prévaut actuellement dans ce pays frère qu’est la Somalie. Comme vous le savez, depuis quelques jours, après une série d’assassinats de hauts responsables somaliens, le gouvernement de transition lutte pour sa survie face à une offensive de plus en plus virulente des insurgés islamistes qui sont déterminés à prendre par la force le pouvoir du gouvernement internationalement reconnu et légitime de la Somalie. Nous sommes profondément préoccupés par la tournure que prennent les événements dans la capitale somalienne et par les attaques contre le gouvernement et les populations menées par ces groupes armés radicaux bénéficiant, nous le savons, « de soutiens extérieurs ». Notre pays a été un témoin compatissant des souffrances endurés par les somaliens depuis bientôt deux décennies. Nous avons aidé encouragé et soutenu tous les processus de paix et toutes les conférences de réconciliations parce que nous étions convaincu que le conflit somalien ne pouvait être réglé que par les somaliens. Aujourd’hui, la source du conflit somalien est d’une autre nature et d’une autre ampleur avec les idéologies et des stratégies totalement opposées à la stabilité et à la souveraineté de la Somalie. Il est, désormais, clairement établi que des forces étrangères manipulent la situation et cherchent résolument, à travers ce conflit, à embraser la région et faire de la Somalie la base ou le nid d’extrémistes égarés. Ces soutiens étrangers ne veulent pas d’une somalie en paix avec elle-même et avec ses voisins. Ils continueront inlassablement à nuire à toute tentative de paix et de stabilité en Somalie. Ils constituent, également, une menace potentiellement nuisible pour la région de l’IGAD, pour l’Afrique et pour la communauté internationale dans son ensemble. C’est pourquoi, je lance un appel solennel à la communauté internationale pour qu’elle redouble d’efforts et coordonne ses actions et ses moyens, dans les plus brefs délais, afin d’endiguer ce péril qui pèse sur la sécurité régionale et internationale. Vive la République. |
| [ Source : ADI |

