Ilyas Moussa Dawaleh : “L’axe Djibouti-Addis est un modèle unique en Afrique”

Ilyas Moussa Dawaleh : “L’axe Djibouti-Addis est un modèle unique en Afrique”

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Ancien directeur des opérations du Port de Djibouti, Ilyas Moussa Dawaleh est depuis 2011 le ministre de l’Économie et des Finances du pays d’Afrique de l’Est. Dans cette interview accordée à “Jeune Afrique”, il revient sur la place de la “petite République” dans les relations économiques et commerciales des pays de la Corne de l’Afrique, mais également de toute la côte orientale du continent.

Propos recueillis par Olivier Caslin, envoyé spécial à Djibouti.

Jeune Afrique : Le Comesa vient de réunir à Djibouti ses ministres des Infrastructures pour suivre les grands chantiers à cours en matière d’intégration régionale. C’est important qu’elle ait eu lieu à Djibouti ?

Ilyas Moussa Dawaleh : Oui, car l’intégration régionale occupe une place très importante dans notre agenda de développement et Djibouti a un rôle crucial à jouer en tant que hub sous-régional en matière de transport. Il est également important que Djibouti puisse partager avec les autres pays de la région les nombreux développements réalisés ces dernières années ou qui sont à venir, en matière d’infrastructures portuaires, ferroviaires et routières, ainsi que dans le secteur des télécommunications.

Djibouti : pas de pétrole mais des IDE

Données macroéconomiques.

Djibouti dispose de bien plus de ressources que ne pourraient le laisser croire ses paysages désolés.

Jeune Afrique vous propose un tour d’horizon du potentiel et des réussites de la “petite république

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Enfin, c’était l’occasion de revenir sur notre interconnexion énergétique démarrée depuis deux ans avec l’Éthiopie, pour que cela puisse servir de modèle aux autres pays.

Beaucoup de pistes de réflexion ont été lancées durant ces deux jours, avec un focus très important sur le développement du chemin de fer à travers l’Afrique de l’Est, qui reste le seul moyen efficace et surtout compétitif de relier les économies enclavées du continent aux grands ports, à commencer par celui de Djibouti.

Est-ce que le couple formé par l’Éthiopie et Djibouti peut constituer l’un des noyaux durs de l’intégration au sein du Comesa ?

Tout à fait. Nous sommes très conscients de la capacité de nos deux pays à servir de moteur pour une intégration réussie, au moins dans la région de la Corne.

L’axe Djibouti-Addis-Abeba peut vraiment avoir un effet entraînant. Surtout que les relations entre les deux pays n’ont jamais été aussi étroites. L’intégration est une réalité, que ce soit en matière d’énergie électrique, de connexion routière aujourd’hui et ferroviaire demain, de télécommunications et même d’approvisionnement en eau potable puisque l’Éthiopie nous fournit depuis ses lacs situés sur la frontière. C’est un modèle unique en Afrique.

>>> Lire aussi : Djibouti : quand l’Éthiopie va tout va !

Est-ce qu’une réelle intégration économique, dans le cadre d’une union douanière par exemple, serait envisageable à plus long terme ?

L’exemple le plus concret va venir dans la foulée du chemin de fer, avec un seul point de contrôle établi à la frontière, regroupant les douaniers et les officiers d’immigration des deux pays, pour faciliter les échanges commerciaux et la circulation des personnes.

Nous réfléchissons déjà à aller plus loin, en nous inspirant de ce que met en place la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC). Les États de cette union ont une vision très claire de ce qu’ils peuvent faire ensemble et ils partagent une vraie logique d’intégration économique. C’est un modèle à suivre, pas seulement pour Djibouti et l’Éthiopie, mais pour l’Afrique dans son ensemble.

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