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Somalie: deuxième semaine de
combats entre insurgés et armée éthiopienne
Par Mustafa HAJI ABDINUR
MOGADISCIO (AFP) - Les combats dévastateurs à
Mogadiscio entre des insurgés et l'armée éthiopienne
sont entrés mercredi dans leur deuxième semaine,
l'objectif affiché d'Addis Abeba étant de "briser la
capacité militaire" des islamistes qui s'opposent au
gouvernement somalien.
L'ONU, dont l'appel lundi à l'arrêt des combats est
resté lettre morte, a demandé aux autorités somaliennes
de laisser les convois d'aide atteindre les populations
dénuées de tout, qui ont fui en masse la capitale.
Après une nuit de calme relatif, les tirs
d'artillerie ont repris mercredi au petit matin, ont
rapporté des habitants.
Des chars éthiopiens ont notamment fait mouvement dans
le nord de la ville et ouvert le feu sur des positions
des insurgés, qui ont répliqué par des tirs de
mitrailleuses et de mortiers, selon les mêmes sources.
"D'intenses combats ont recommencé", a rapporté
Hussein Bashir, habitant du quartier de Jamhuriha, dans
le nord de
Mogadiscio: "deux personnes ont été blessées par des
mortiers, mais on ne peut pas les emmener à l'hôpital en
raison des tirs".
"Nous avons perdu tout espoir car il n'y a aucun signe
de trêve. Personne ne se soucie de dire aux combattants
que ces batailles sont inutiles", commentait, Kulow
Hassan, pharmacien dans le quartier de Tawfiq.
En une semaine, au moins
323 personnes ont été tuées dans la ville, dont 257
civils, selon l'ONG somalienne Elman Peace and Human
Rights Organisation.
Les organisations humanitaires de l'ONU et le Comité
international de la Croix-Rouge (CICR) ont prévenu que
la
Somalie sombrait dans le chaos. La population de
Mogadiscio fuit les combats en "flot continu", selon ces
organisations.
Depuis début février, près d'un tiers du million
d'habitants de la capitale ont déserté la ville en
raison des violences, selon le Haut commissariat de
l'ONU pour les réfugiés (HCR).
Le patron des opérations humanitaires de l'ONU, John
Holmes, a pressé une nouvelle fois mardi soir le
gouvernement somalien de coopérer avec les agences
humanitaires pour apporter une aide aux déplacés qui
s'entassent à la sortie de la capitale, totalement
démunis, survivant sous des arbres.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) des
Nations
unies s'était ainsi vu refuser il y a environ deux
semaines l'accès aux milliers de déplacés entassés dans
la bourgade d'Afgoye, à 30 km au sud-ouest de
Mogadiscio.
"J'espère que cette position est en train de
changer", a déclaré à la presse M. Holmes, après avoir
informé le Conseil de sécurité de l'ONU de la situation
en
Somalie.
Le gouvernement somalien "nous a assuré de son soutien
total" pour l'acheminement de l'aide" mais "il reste à
voir si cela se traduira dans les faits", a-t-il relevé.
Le gouvernement éthiopien a rejeté la semaine
dernière toute responsabilité dans le blocage de l'aide,
affirmant que ces problèmes étaient "principalement
causés par les extrémistes et leurs actions terroristes",
expression désignant les insurgés, groupe hétéroclite
comprenant notamment les miliciens islamistes.
Mardi soir, le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi a
qualifié de "succès" l'offensive en cours en
Somalie, dont l'objectif est de "briser la capacité
militaire" des insurgés, a-t-il souligné.
L'armée éthiopienne et les forces gouvernementales
somaliennes "ont besoin d'une ou deux semaines de plus
pour nettoyer complètement
Mogadiscio des Shebab", les milices islamistes,
selon lui.
L'armée éthiopienne est intervenue en
Somalie en 2006 pour déloger les tribunaux
islamiques, qui avaient appelé à la guerre sainte contre
le régime d'Addis Abeba et rejetaient l'autorité du
gouvernement de transition, mis en place en 2004 pour
stabiliser un pays en guerre civile depuis 1991.
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