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| Somalie: Ethiopiens et
insurgés ignorent l'appel de l'ONU au cessez-le-feu
Par Mustafa HAJI ABDINUR
MOGADISCIO (AFP) - Les chars et l'artillerie
éthiopiens ont bombardé mardi les positions des insurgés
à Mogadiscio, au septième jour de combats meurtriers,
surtout pour les civils, entre les deux camps qui ont
ignoré l'appel du secrétaire général de l'ONU à l'arrêt
des combats.
Après une nuit marquée par des explosions sporadiques,
des chars de l'armée éthiopienne ont commencé mardi
matin à tirer sur les positions des insurgés, dans le
nord et le sud de la ville.
Au moins trois personnes ont été tuées et six blessées
lorsqu'un obus de mortier a touché l'immeuble où elles
avaient cherché un abri, dans le quartier de Tawfiq,
dans le sud de la capitale somalienne, selon des témoins.
"Nous nous cachions dans la maison quand un obus a
explosé et tué trois personnes, dont mon frère aîné", a
raconté l'un d'eux, Hassan Yayhe.
"Nous ne savons pas où emmener les blessés parce qu'on
ne peut pas s'aventurer dehors à cause des tirs", a
ajouté un autre témoin, Weli Mohamed.
Des tirs étaient notamment entendus autour de la
présidence, où l'armée éthiopienne a installé des
batteries d'artillerie. Un détachement ougandais de la
force de paix africaine en
Somalie (Amisom) est également déployé autour de la
présidence, mais ne participe pas aux combats.
"J'ai vu des chars éthiopiens et des camions prendre
position dans la zone d'Ali Kamin", a raconté à l'AFP
Ali Hussein, un habitant de ce quartier sud, fief des
insurgés, près du stade.
Des obus sont également tombés dans le quartier de Fagah
(nord), selon un habitant, Khalid Haji. Les miliciens
islamistes y ont conservé des positions depuis la
défaite des tribunaux islamiques face à l'offensive des
forces gouvernementales et de l'armée éthiopienne.
Le Premier ministre de transition, Ali Mohamed Gedi,
avait estimé lundi que "les forces gouvernementales et
éthiopiennes avaient le desssus". Qualifiant une
nouvelle fois les insurgés d'éléments (du réseau
terroriste) d'Al-Qaïda, il avait affirmé qu'ils ne
conservaient plus que "quelques petites positions" dans
la ville, après les bombardements intenses.
"Les Ethiopiens y vont pour de bon", a commenté mardi
sous couvert d'anonymat un expert de la
Somalie basé en
Afrique
de l'Est, selon qui
Addis
Abeba est déterminé à continuer son offensive jusque
la défaite des insurgés, groupe hétéroclite comprenant
notamment les miliciens islamistes.
Lundi pourtant, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon,
a appelé à la cessation immédiate des hostilités et à la
reprise du dialogue politique en
Somalie.
"Le secrétaire général appelle les parties à cesser
immédiatement les hostilités et à faciliter l'accès
d'une assistance humanitaire dont la nécessité est
urgente. Il réitère qu'il n'y a pas de solution
militaire possible au conflit somalien et renouvelle son
appel à une reprise d'urgence du dialogue politique",
selon un communiqué de sa porte-parole, Michèle Montas.
M. Ban s'est également élevé contre "l'utilisation
systématique d'armes lourdes contre des zones à forte
population civile, au mépris du droit humanitaire
international".
Depuis début février, près d'un tiers du million
d'habitants de la capitale ont déserté la ville en
raison des violences, selon le Haut commissariat de
l'ONU pour les réfugiés (HCR). L'offensive en cours a
fait au moins 256 morts, en grande majorité des civils,
selon un bilan établi lundi soir par une ONG somalienne
de défense des droits de l'Homme
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