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| lundi 23 avril
2007, 18h09
Somalie: l'armée éthiopienne
pilonne les positions des insurgés à Mogadiscio
Par Mustafa HAJI ABDINUR
MOGADISCIO (AFP) - L'armée éthiopienne, alliée au
gouvernement somalien, a continué lundi son pilonnage
méthodique des positions des insurgés à Mogadiscio, dont
la population se trouve prise au piège des violents
échanges d'artillerie entre les deux camps.Au moins
37 personnes - dont 19 insurgés - ont été tuées lundi
dans ces combats, portant à au moins 256 le nombre de
morts - en très grande majorité des civils - en six
jours de combats, selon un bilan établi par l'ONG
somalienne Elman Peace and Human Rights Organisation.
"Aujourd'hui (lundi), les combats les plus violents (depuis
la semaine dernière) ont eu lieu à
Mogadiscio", a commenté à la presse le Premier
ministre de transition, Ali Mohamed Gedi, selon qui "les
forces gouvernementales et éthiopiennes ont le desssus".
Qualifiant une nouvelle fois les insurgés d'éléments (du
réseau terroriste) d'Al-Qaïda, M. Gedi a affirmé qu'ils
ne conservent plus que "quelques petites positions" dans
la ville, après six jours de bombardements intenses.
Lundi, les affrontements se sont concentrés dans le nord
de la capitale. "J'ai vu des chars éthiopiens prendre
position et pilonner lourdement les positions des
insurgés", a témoigné auprès de l'AFP Mukhtar Mohamed,
un résident du quartier de Fagah (nord).
"Les deux camps se battent à la mitrailleuse, au mortier
et à l'armement anti-aérien", a-t-il décrit.
Depuis la défaite des tribunaux islamiques fin
décembre-début janvier face à l'offensive conjuguée de
l'armée éthiopienne et des forces gouvernementales
somaliennes, les miliciens islamistes, membres de la
coalition hétéroclite composant les insurgés, ont
conservé des positions dans certains parties du nord de
la capitale.
Après avoir notamment concentré ses bombardements la
semaine dernière sur le quartier du stade, principal
fief des insurgés situé dans le sud de la ville, l'armée
d'Addis Abeba semble avoir entrepris lundi de tenter de
réduire les "poches" des insurgés dans le nord.
Les tirs d'artillerie n'ont épargné ni les médias, ni
les infrastructures médicales. Reporters sans frontières
a dénoncé "la vague de violence ayant frappé les médias",
tandis que Médecins sans frontières a protesté lundi
contre la chute d'un obus de mortier, vendredi, sur
l'une de ses cliniques. L'explosion n'a pas fait de
victimes, selon MSF.
Depuis début février, près d'un tiers du million
d'habitants de la capitale ont déserté la ville en
raison des violences, selon le Haut commissariat de
l'ONU pour les réfugiés (HCR).
Lundi, de nombreux habitants du sud de
Mogadiscio profitaient d'une relative accalmie dans
cette partie de la ville pour fuir à leur tour.
"Nous n'avons aucun endroit où rester en ville, nous
fuyons jusqu'à ce que nous trouvions un lieu plus sûr.
C'est la même chose partout à
Mogadiscio: la mort", a confié à l'AFP Saadia Bur
Dheere, mère de trois enfants.
Selon Hussein Said Korgab, porte-parole des chefs du
puissant clan Hawiye, "au moins 70.000 personnes ont
évacué leurs maisons" depuis la reprise des combats la
semaine dernière. "Les Ethiopiens et le gouvernement
somalien seront tenus responsables de tout ce gâchis",
a-t-il affirmé.
L'armée éthiopienne a lancé fin mars une première
offensive dans la capitale contre les insurgés qui
attaquaient quasi-quotidiennement les forces loyalistes
depuis le début de l'année.
Du 29 mars au 1er avril, l'artillerie éthiopienne avait
violemment bombardé le quartier du stade. Selon les
autorités traditionnelles Hawiye, 1.086 civils avaient
péri dans ces combats, les pires à
Mogadiscio depuis 15 ans selon le Comité
international de la Croix-rouge (CICR
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