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| Somalie: fin des combats à
Mogadiscio où les Ethiopiens traquent les insurgés
Par Mustafa HAJI ABDINUR
MOGADISCIO (AFP) - L'armée éthiopienne patrouillait
vendredi dans les rues à la recherche d'insurgés dans
Mogadiscio, où les combats ont totalement cessé au
lendemain du succès militaire majeur des troupes d'Addis
Abeba, engagées aux côtés du gouvernement somalien.
Harassés après neuf jours de combats ininterrompus qui
ont dévasté plusieurs quartiers de la ville, des
habitants ont commencé de leur côté à ramasser les
cadavres.
Des camions chargés de soldats
circulaient dans le sud et le nord de la ville, où aucun
tir n'était entendu.
Des soldats patrouillaient à
pied dans les rues, cherchant dans les maisons les
insurgés, groupe hétéroclite formé notamment des
miliciens islamistes, qui ont abandonné jeudi leurs
positions devant la puissance de feu de l'armée
éthiopienne.
"Les soldats éthiopiens sont entrés
dans notre maison et ont arrêté trois personnes dont une
femme", a raconté Ibrahim Sheikh Mao, du quartier de
Suuqahoola, dans le nord.
"Ils ont regardé mes mains et mes
coudes", manière de déterminer si une personne a utilisé
récemment une arme, a ajouté Ibrahim Sheikh Mao: "ils
m'ont relâché. Mais ils ont emmené trois autres, dans un
camion qui attendait dehors".
"Ils vont de maison en maison pour
arrêter des gens. J'imagine qu'ils ont arrêté des
centaines de personnes, car ils ont commencé l'opération
tôt ce matin", a-t-il commenté.
Dans le sud de la capitale, d'autres
habitants ont confirmé cette traque aux insurgés. "Les
forces éthiopiennes ont commencé à arrêter les gens. Ils
ont arrêté mon oncle, qui n'est pas un combattant. Ils
ont arrêté 17 personnes dans notre coin", selon Hussein
Mohamed, de Labadagah (sud).
"Tous les hommes fuient les maisons à
cause des arrestations", a témoigné côté Shamso Nur, une
femme qui habite Ali Kamin, un des principaux fiefs des
insurgés: "J'ai vu les Ethiopiens emmener trois hommes à
côté de chez moi. Je ne sais pas si c'était des
combatants, mais ils avaient l'air de civils".
D'autres habitants se sont organisés
pour ramasser les cadavres dans les rues.
"Nous avons ramassé sept corps, dont
celui d'une femme. Ils étaient en état de décomposition
et nous les avons emmenés dans une mosquée pour préparer
l'inhumation", a expliqué à l'AFP Haji Mukhtar Hassan,
qui réside dans le nord de la ville. "Après l'arrêt des
combats, on s'est organisé nous-mêmes et ce matin, on a
commencé à ramasser les corps. On veut les enterrer".
Selon un bilan partiel de l'ONG
somalienne Elman Peace and Human Rights Organisation,
près de 400 personnes - en majorité des civils - ont été
tuées dans la ville depuis le déclenchement de
l'offensive éthiopienne, le 17 avril.
Jeudi, après un intense pilonnage
d'artillerie, les soldats d'Addis Abeba ont pris
l'essentiel des positions des insurgés, selon des
habitants.
Le Premier ministre somalien Ali
Mohamed Gedi a affirmé avoir "pratiquement terminé le
combat contre les insurgés d'Al-Qaïda à
Mogadiscio (...) Les forces du gouvernement ont pris
le contrôle de leurs principaux bastions dans le nord de
la ville".
Environ 400.000 personnes ont fui ces
combats à
Mogadiscio (qui compte un million d'habitants)
depuis début février, a indiqué jeudi le responsable de
l'ONU pour les questions humanitaires, John Holmes.
Fin mars, l'armée éthiopienne avait
mené une première offensive qui a fait un millier de
morts, selon les chefs traditionnels du clan Hawiye,
prédominant dans la capitale.
L'armée éthiopienne est intervenue en
Somalie fin 2006 pour déloger les tribunaux
islamiques, qui avaient appelé à la guerre sainte contre
le régime d'Addis Abeba et rejetaient l'autorité du
gouvernement de transition, mis en place en 2004 pour
stabiliser ce pays en guerre civile depuis 1991.
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