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1948-1960
La région des Somalis
Islamisée à partir du IXe siècle, la région peuplée de
Somalis est disputée par l'Egypte, la Grande-Bretagne et l'Italie.
Finalement, en 1887, le Somaliland se crée sous le protectorat
britannique. La Somalie italienne voit le jour en 1905. Puis en
1936, avec l'Ethiopie et l'Erythrée, la Somalie est intégrée dans
l'Afrique orientale de Mussolini. En 1940, la Grande-Bretagne évacue
son protectorat, le Somaliland, puis le réoccupe en 1941. Dans la
foulée, les Britanniques s'emparent de la Somalie italienne et de
l'Ogaden (Ethiopie). Elle administrera cet ensemble pendant neuf
ans.

1948-1960
L'indépendance
Novembre 1949 : l'ONU accorde l'indépendance à la Somalie italienne
sous condition d'une tutelle onusienne préalable d'une durée de dix
ans. Le 1er avril 1950, les Nations unies placent la
Somalie sous tutelle italienne. Puis, conformément aux décisions de
1949, la Somalie accède à l'indépendance le 1er juillet
1960 et fusionne progressivement avec l'ancien protectorat
britannique du Somaliland, indépendant depuis le 26 juin 1960.

1960-1969
Coup d'Etat de Siyad Barré
Le premier président du pays, Aden Abdullah Osman Daar, élu en 1960,
est battu en 1967 par l'ancien premier ministre Ali Shermake, qui
sera assassiné le 15 octobre 1969. Un groupe de militaires conduit
par le général Mohamed Siyad Barré prend le pouvoir et proclame la
République démocratique de Somalie.
1970-1975
Sécheresse et famine
En 1970, Mohamed Siyad Barré, soutenu par l'URSS, proclame le
socialisme scientifique doctrine d'Etat. Dans les années qui
suivirent, il nationalise la plupart des secteurs économiques
modernes du pays. Il mène une campagne d'alphabétisation fondée sur
la transcription du somali en alphabet latin. Il tente également de
réduire l'influence des clans. La famine généralisée causée par la
sécheresse de 1974 et 1975 pousse la Somalie à adhérer à la Ligue
arabe.
1977-1978
En 1977, les Somalis vivant dans la région de l'Ogaden en Ethiopie,
sur la frontière est de la Somalie, s'engagent, après la chute de
l'empire éthiopien d'Addis-Abeba, dans la guerre pour leur
rattachement à la Somalie. Fin 1977, les Somalis contrôlent la
majeure partie de l'Ogaden. Mais la guerre fait 8 000 morts dans
l'armée somalienne et jette sur les routes 150 000 réfugiés. La
Somalie dénonce l'accord de juillet 1974 qui la lie pour vingt ans à
l'URSS et expulse les conseillers soviétiques présents sur son
territoire. En avril 1978, une tentative de coup d'Etat militaire
avorte.
1978-1980
En 1978, l'Ethiopie, aidée par Cuba et l'URSS, lance une
contre-attaque et reprend le contrôle de la région en proposant son
soutien aux mouvements dissidents de Somalie, basés principalement
dans le nord du pays. Les combats ultérieurs alimentent un flux de
réfugiés (près de deux millions en 1981) en Somalie que le général
Siyad Barré utilise comme masse de manœuvre. En 1980, la Somalie
signe un accord de coopération
1980-1989
Accord de paix
Les Etats-Unis apportent une aide à la fois humanitaire et militaire
à la Somalie en échange de l'utilisation de l'ancienne base navale
soviétique de Berbera, sur la côte nord. Des hostilités sporadiques
se poursuivent avec l'Ethiopie jusqu'au 3 avril 1988, année de la
signature d'un accord de paix entre les deux belligérants.
1991
Fuite du dictateur Siyad Barré
Le général Barré est réélu en 1986 mais l'opposition (le Mouvement
national somalien), très active dans l'ancien Somaliland britannique,
conquiert des parties du nord de la Somalie. De nouveaux mouvements
d'opposition émergent également à la fin des années 1980. La guerre
civile s'intensifie. Siyad Barré s'enfuit de la capitale en janvier
1991, le chaos social s'ensuit. Ali Mahdi Mohamed Farah Aïdid,
également membre du CSU
1992
Opération "Restore Hope"
En décembre 1992, le président américain, George Bush (père), décide,
dans le cadre de l'opération "Restore Hope" ("Ramener l'espoir"),
l'envoi des troupes américaines. 28 000 Américains, relayés par la
suite par 10 000 hommes de la force internationale de maintien de la
paix des Nations unies (Onusom), débarquent à Mogadiscio. Mais les
combats entre clans continuent et gênent le travail des agences
internationales d'assistance humanitaire. La violence de certains
casques bleus à l'égard de la population somalienne attise les
haines. Forces de maintien de la paix et civils sont victimes de ces
luttes
1993-1995
Arrivée et départ de l'Onusom
Face à l'échec des négociations avec les différentes factions,
notamment avec celle du général Aïdid, et face aux importantes
pertes humaines tant internationales que somaliennes, les Américains,
puis les Français, se retirent. En mai 1993, les Nations unies
prennent le relais des Américains (Onusom II), limitant leur action
à l'aide humanitaire. Les derniers soldats américains quittent la
Somalie en mars 1994, et les 8 000 derniers casques bleus s'en vont
définitivement en mars 1995. Le pays est divisé en plusieurs régions
contrôlées par des factions militaires qui se combattent.
1996-1997
Accord de gouvernement
Le général Mohamed Farah Aïdid, mort au combat en août 1996, est
remplacé par son fils Hussein Mohamed Aïdid, dont les troupes
tiennent une partie du centre et du sud du pays. Le Nord-Ouest,
l'ancien Somaliland, est solidement contrôlé par Mohamed Ibrahim
Egal, élu par ses partisans président de la République autoproclamée
du Somaliland le 23 février 1997. Chaque région du pays est
contrôlée par des factions rivales. A l'initiative de l'Ethiopie et
du Kenya, une réunion de conciliation entre les principales factions
à Sodere débouche sur un accord de gouvernement, le 3 janvier 1997,
sans régler le problème du désarmement des milices et de la
reconstruction de l'Etat.
1998-2003
Conférence de réconciliation
En 1998, le Puntland (nord-est du pays) s'autoproclame région
autonome. En 2000, la conférence d'Arta, sous l'égide de l'ONU, est
aussi dénuée de résultat que les douze accords de paix précédents.
Le 26 août 2000, le Parlement de transition élit un nouveau
président en la personne d'Abdiqasim Salad Hassan, mais le pays
reste aux prises avec des rivalités claniques. En juillet 2003, la
conférence de réconciliation aboutit à un projet de charte nationale
prévoyant le fédéralisme.
2004
Création d'un Parlement intérimaire
Le 29 janvier 2004, un accord entre les chefs de guerre permet la
création d'un Parlement intérimaire. Le 22 août, le Parlement de
transition est inauguré à Nairobi, au Kenya, les conditions de
sécurité n'étant pas réunies pour qu'il siège en Somalie. Le 10
octobre, Abdullahi Yusuf Ahmed, président de l'Etat régional du
Puntland, est élu président de la Somalie par les parlementaires
réunis à Nairobi. Le 3 novembre, le nouveau président nomme un
premier ministre, Ali Mohamed Gedi, un nouveau pas vers la mise en
place d'un gouvernement stable.
2006
Défaite des forces islamistes
En mai, les affrontements entre les fondamentalistes islamistes et
les membres de l'Alliance pour la restauration de la paix et contre
le terrorisme (réunissant les chefs de guerre), soutenue par
Washington, provoquent la mort de dizaines de civils à Mogadiscio.
Le 5 juin, les Tribunaux islamiques prennent la capitale somalienne.
Puis, ils poursuivent leur offensive. Lors d'une opération éclair,
le 14 juin, ils prennent la ville de Jowhar (à 90 km au nord de
Mogadiscio), dernier bastion de l'Alliance des chefs de guerre.
Le 9 octobre, les Tribunaux islamiques déclarent "la guerre
sainte" contre le gouvernement et l'Ethiopie. Ils avaient déjà
accusé, en juin, leur voisin d'avoir pénétré dans le pays, ce
qu'Addis-Abeba avait démenti. Un mois plus tard, toute relation
entre les islamistes et les forces gouvernementales est rompue, et
les négociations de paix reportées sine die. Ce qui pousse les
Nations unies à autoriser, début décembre, le déploiement d'une
force de paix de 8 000 hommes sous mandat de l'Union africaine.
Mais le 20 décembre, les combats reprennent sur plusieurs fronts
près de Baidoa. Cinq jours plus tard, l'Ethiopie bombarde deux
aéroports en Somalie, dont celui de Mogadiscio. A partir de cette
date, les islamistes commencent à se replier, affirmant "changer
de tactique". Le 28, ils sont contraints de quitter la capitale
somalienne encerclée par des milices loyales aux forces
gouvernementales qui réinvestissent la ville. |