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DJIBOUTI (ADI) – 27 Juin 2007- Le Chef de l’Etat a, au cours d’une réception organisée ce matin à la présidence de la République, prononcé un important discours dans lequel il a insisté sur la paix et la stabilité durable de notre pays, 30 ans après la conquête de sa souveraineté.
"Cette paix et cette stabilité, nous les devons à notre esprit de tolérance, de solidarité et de générosité. Nous les devons également au respect de nos valeurs traditionnelles et culturelles et à la fidélité à notre devise républicaine d’unité, d’égalité et de paix", a-t-il souligné.
"C’est grâce à ces acquis irréversibles que nous avons pu, durant ces trente ans, penser, concevoir et réaliser le développement socio-économique de notre nation", selon le Chef de l’Etat.
Rappelant "les prédictions de géostratégies de l’époque qui, selon lui, certifiaient une mort prématurée pour notre jeune nation", le Président Guelleh a indiqué que "personne ne voulait parier sur la crédibilité et le développement d’une nation dépourvue d’infrastructures et de ressources fossiles".
"Personne, sauf les djiboutiennes et les djiboutiens qui, armés de leur volonté, de leur détermination et de leur générosité ont su maîtriser les tenants et les aboutissants de leur propre développement". Lire, ci-après, l’intégralité de son allocution :
"Louange à Dieu
Que la prière et de la bénédiction soient sur le prophète, sa famille et ses compagnons.
Mes chers compatriotes,
Chaque année, la journée de la célébration de notre souveraineté nationale est un moment hautement privilégié d’émotion, de communion et d’engagement collectif pour le destin de notre pays.
C’est une occasion où nous souhaitons une bonne fête à l’ensemble de nos compatriotes. Avec une pensée particulière pour tous les hommes et les femmes qui ont tout donné, souvent jusqu’à leur vie, pour qu’aboutisse enfin le rêve de leur vie, c’est-à-dire la liberté d’un pays, d’une nation et d’un peuple. Avec une pensée également pour ce d’entre nos compatriotes peinés et affaiblies par les accidents de la vie.
Cette journée de célébration de notre souveraineté nationale est l’occasion aussi pour moi d’adresser, au nom de tout mes compatriotes, un message de fraternité et d’amitié aux représentants des pays amis et frères ainsi aux partenaires de développement qui vivent parmi nous.
Mes chers compatriotes,
La célébration du 30ème anniversaire de notre indépendance nationale a une saveur particulière pour nous tous. 30 ans après ce grand événement libérateur de l’énergie de tout un peuple, il m’est particulièrement agréable de constater que cette énergie, les djiboutiens et les djiboutiennes l’ont dépensée, sans compter, pour l’édification d’une nation en mouvement, en développement et surtout, pour l’édification d’une nation en paix avec elle-même et ses voisins.
Il m’est agréable de constater que 30 ans après la conquête de sa souveraineté nationale, noter pays jouit d’une paix et d’une stabilité durable.
Cette paix et cette stabilité, mes chers compatriotes, nous les devons à notre esprit de tolérances, de solidarité et de générosité. Nous les devons au respect de nos valeurs traditionnelles et culturelles et à la fidélité à noter devise républicaine d’unité, d’égalité et de paix.
C’est grâce à ces acquis irréversibles que nous avons pu, durant ces trente ans, penser, concevoir et réaliser le développement socio-économique de notre nation.
Mes chers compatriotes,
Qu’avant nous fait de nos 30 ans ?
Voilà une question que l’on peut légitimement se poser. Non pour dresser un bilan ou pour porter un jugement, mais pour apprécier, rétrospectivement, la trajectoire de notre nation depuis son indépendance, avant de se projeter dans les perspectives qui s’offrent à nous.
Remontons ensemble l’histoire et rappelons nous les débuts difficiles de notre nation, engluée dans un contexte régional tissé de rivalités entre nos voisins. Rappelons-nous des prédictions de géostratégies de l’époque qui certifiaient une mort prématurée pour notre jeune nation.
Personnes ne voulait en effet parier sur la viabilité et le devenir d’une nation qui comptabilisait seulement deux médecins, et quelques instituteurs pour toutes ressources humaines. Personnes ne voulait parier sur la crédibilité et le développement d’une nation dépourvue d’infrastructures et de ressources fossiles.
Personne, sauf les djiboutiens et les djiboutiennes qui, armés de leur volonté, de leur détermination et de leur générosité ont su maîtriser les tenants et les aboutissants de leur propre développement.
Mes chers compatriotes,
Même si, depuis, le parcours est limpide et les résultats sont visibles, je voudrais rappeler quelques avancées qui illustrent bien le progrès accomplis. Et clamer notre fierté d’avoir 30 ans après 70 % de réussite au bac et notre fierté d’avoir étendu avec succès une couverture sanitaire digne à l’ensemble de notre territoire.
Malgré des conjectures difficiles et imprévisibles, notre patience et notre esprit de sacrifice ont dominé sur le reste pour faire avancer notre pays de l’avant.
Aussi bien dans les zones urbaines que rurales, nos compatriotes sentent l’élan du développement et y contribuent fortement. La lutte contre la sécheresse, la lutte contre la soif, l’accès aux nouvelles technologies ; voilà quelques exemples des défis que nous avons relevés ensemble et qui ont façonné positivement noter quotidien.
Mes chers compatriotes,
Avec l’instauration du multipartisme limité, puis du multipartisme intégral et, depuis l’année dernière, avec la décentralisation, nous avons eu raison de placer notre pays dans un processus démocratique historique irréversible.
Ce processus, nous le perfectionnons et le consolidons à chaque échéance électorale. Nous l’enrichissons à chaque occasion, en faisant participer nos concitoyennes à la prise des décisions, en faisant de la bonne gouvernance une exigence et une priorité politique.
Mes chers compatriotes,
Mesdames et Messieurs,
Depuis notre indépendance, notre pays a opté pour une diplomatie de paix et de développement. En préservant et en consolidant des relations historiques avec nos amis de toujours. Mais également en établissant et en tissant des liens d’amitié et de coopération avec d’autres pays, dans le sens de nos intérêts, de nos principes et de nos valeurs. Je suis fier de constater que la diversification de nos relations diplomatiques, notamment la coopération Sud/Sud, provoquent des retombées positives pour le développement de notre pays.
Ceci dit, notre diplomatie agissante, Mesdames et Messieurs, exclut de son champ d’action l’ingérence. Mais elle exclut également l’indifférence. C’est pourquoi nous sommes préoccupés par les situations de conflit et de belligérance qui sévissent en Somalie, en Irak et en Palestine.
Nous avons toujours dénoncé et nous dénoncerons toujours l’occupation israélienne qui prive la population palestinienne de son droit le plus inaliénable à vivre en paix et en souveraineté sur l’ensemble de son territoire.
Nous n’avons jamais cautionné et nous ne cautionnerons jamais l’occupation de l’Irak qui fait par milliers des victimes innocentes.
Enfin, nous avons toujours souhaité et nous souhaitons vivement que nos frères somaliens se réconcilient autour d’une structure étatique qui leur garantisse la paix et la stabilité.
Dès par notre appartenance à la ligue arabe, à l’union africaine, à la communauté islamique et à la francophonie, nous avons toujours opté pour le multilatéralisme. Nous avons toujours dénoncé l’unilatéralisme qui consiste à faire fi des règles édictées par la communauté internationale et l’organisation des Nations Unies.
Mes chers compatriotes,
Comme vous le savez, nous sommes rentrés dans l’Ere de la mondialisation. Et il est bien révolu le temps où une politique de développement pouvait se décider seule dans un cadre strictement national.
C’est pourquoi l’adhésion de notre pays à des ensembles économiques sous-régionales et régionales procède d’une logique d’intégration économique porteuse d’espoir et d’avenir pour notre Nation.
Nous avons en nos amis les atouts nécessaires pour transformer cette globalisation en une chance d’épanouissement durable.
Lorsque nous pensons notre pays comme un carrefour de rencontre et de développement, lorsque nous ambitionnons de faire de notre pays un hub multimodal pour le commerce régional et international, nous ne rêvons pas !
Nous sommes concrets et nous parlons de la nouvelle configuration de notre pays dont les prémices et les premiers frémissements se font déjà sentir.
Ces premiers frémissements, mes chers compatriotes, nous le voyons déjà au niveau du nouveau complexe portuaire de Doralé. Le terminal pétrolier est déjà opérationnel, le terminal à conteneur le sera bientôt. Avec la future zone franche qui sera effective à l’horizon 2008, la complexe de Doralé symbolise merveilleusement la métamorphose et le développement économique qui s’offrent à notre pays.
C’est le retour d’une croissance solide crédibilisée et consolidée par des investissements à la hauteur de nos ambitions qui nourrit notre optimisme.
En effet aujourd’hui des investisseurs de renommée mondiale ont découvert la sécurité et la stabilité de notre pays. Ils ont découvert l’Esprit de paix et de tolérance qui anime notre peuple.
Des projets d’envergure vont transfigurer le pays et l’ancrer définitivement dans le rythme du développement durable. Je peux vous citer l’exemple du Pont qui va relier par le détroit du Bab-El-Mandeb les deux continents. Je peux vous citer l’exemple du transport ferroviaire qui va traverser notre continent de l’Est au Sud jusqu'à l’Afrique du Sud.
Tous ces projets et tant d’autres comme la raffinerie om des projets immobiliers conséquents vont projeter notre pays dans une ère accélérée de développement et de progrès.
Il est normal, mes chers compatriotes que nous soyons exigeant sur l’impact socio-économique de tous ces investissements. Il est même indispensable que ces grands chantiers d’avenir s’intègrent dans une logique de progrès social profitable à toutes les catégories de notre société.
Le gouvernement veillera à ce que les performances économiques aient des répercussions sur le champ social. C’est le sens de l’initiative national pour le développement social que nous avons lancée.
Nous voulons, mes chers compatriotes, donner une cohérence sociale et spatiale à notre développement économique. C’est pourquoi nous ne ferrons pas l’erreur de marginaliser nos régions.
Avec la construction d’une raffinerie prochainement à Tadjourah, l’installation d’une industrie textile à Dikhil et d’autres projets dans d’autres régions, nous voulons favoriser l’émergence des pôles économiques régionaux et faire en sorte que la capitale ne s’accapare pas tous les investissements, au risque d’éviter la décentralisation de son contenu économique qui est sa raison d’être principale.
Mes chers compatriotes, dans les prochains mois et les prochaines années, le gouvernement aura le devoir d’être performant et d’être pragmatique. Que cela soit au niveau des logements sociaux ou au niveau de la politique d’indépendance énergétique, nous allons chiffrer nos avancées.
J’engage dès à présent le gouvernement sur des objectifs concret : 400 milles mètres cube d’eau déstalinisée en 2009, 250 mégawatt de production d’électricité grâce aux énergies renouvelables d’ici deux ans. 20 mille logements sociaux équipés de panneaux solaire dans trois ans.
Mes chers compatriotes,
Les opportunités et les possibilités de développement de notre pays sont plus que jamais d’actualité et je suis persuadé que pour notre jeunesse et notre société toute entière, c’est un avenir radieux qui se profile.
Je vous renouvelle une fois de plus mes meilleurs vœux de bonne santé, de réussite et de bonheur à l’occasion de ce 30e anniversaire de l’indépendance.
Et je prie avec vous pour un Djibouti toujours en paix et toujours en marche vers une prospérité croissance.
Vive l’indépendance nationale.
Vive la république de Djibouti".
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