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DJIBOUTI (ADI) – 13 Juillet 2007- Après plusieurs reports, une énième conférence de paix sur la Somalie, en guerre civile depuis 16 ans, doit débuter dimanche à Mogadiscio, dans un climat de violences meurtrières quotidiennes et en l'absence d'un des principaux belligérants.
C'est sur la pression insistante de la communauté internationale que le gouvernement somalien de transition (TFG), incapable d'établir son autorité depuis sa mise en place en 2004, a convoqué cette conférence après la chute des Tribunaux islamiques, il y a six mois.
Ces Tribunaux, qui représentaient un contre-pouvoir au TFG et ont contrôlé en 2006 plusieurs régions somaliennes, ont été défaits par l'armée éthiopienne, alliée au TFG.
La réunion, qui pourrait durer des semaines, vise à restaurer la paix en Somalie, pays pauvre de la Corne de l'Afrique dévasté par 16 ans de guerre, depuis la chute du dictateur Mohamed Siad Barre.
Mais le boycottage de cette conférence dite de «réconciliation nationale» par les islamistes laisse planer un sérieux doute sur son utilité.
Les dirigeants des Tribunaux ont exigé que la réunion se tienne dans un pays neutre et après le retrait des troupes éthiopiennes de Somalie.
«Nous ne participerons pas à cette conférence destinée à tromper les Somaliens (...). Aucun accord de paix ne peut être attendu d'une conférence à laquelle participent des loyalistes au gouvernement», a déclaré à l'AFP un responsable des Tribunaux, qui s'exprimait sous condition d'anonymat depuis Asmara.
La conférence intervient dans un climat extrêmement tendu: depuis la défaite des Tribunaux, Mogadiscio est secouée par des attaques quasi-quotidiennes, qui ont fait des centaines de morts et provoqué le départ de centaines de milliers d'habitants.
Selon les observateurs, les insurgés, parmi lesquels figurent des combattants islamistes, vont essayer de perturber la réunion. Par crainte d'une recrudescence des violences en vue de la conférence, des centaines de personnes fuyaient Mogadiscio vendredi, a constaté un journaliste de l'AFP.
La conférence, reportée à plusieurs reprises, se tiendra «selon le programme, quand bien même la violence augmenterait à Mogadiscio», a prévenu jeudi le président somalien Abdulahi Yusuf Ahmed.
Elle est organisée dans un ancien entrepôt de la police, dans le nord de la capitale, sous protection renforcée des forces de sécurité somaliennes.
Environ 2.300 délégués, représentant les principaux clans de la société somalienne, sont attendus à cette réunion, qui s'inscrit dans une longue série de conférences pour la paix en Somalie.
Le principal clan à Mogadiscio, les Hawiye, dont une partie est proche des insurgés, est divisé sur la participation à la réunion: une faction a annoncé qu'elle s'y rendrait, l'autre non.
«La conférence aurait du sens si elle réunissait des rivaux politiques et des groupes armés à la même table», a déclaré un porte-parole des Hawiye, Ahmed Diriye. «Mais l'idée est de parler d'un conflit tribal qui n'existe pas, c'est un gaspillage d'argent et d'énergie», a-t-il estimé.
Un avis partagé par Roland Marchal, chercheur au Centre d'études et de recherches internationales (Ceri) de Paris: la réunion s'annonce comme une conférence de «réconciliation clanique, mais il n'y a pas tant de problèmes entre les clans. C'est entre le gouvernement et les insurgés qu'il y a des problèmes», souligne-t-il.
«On fait totalement fausse route. Les diplomates impliqués soutiennent l'initiative parce qu'ils l'ont demandée (...). Si on veut un cessez-le-feu, il faut discuter avec (les radicaux et les insurgés) (...). Sinon on peut faire semblant d'avoir gagné, comme en Irak ou en Afghanistan», conclut-il.
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