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DJIBOUTI (ADI) – 20 Août 2007- Le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé lundi le renouvellement pour six mois du mandat de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), remettant à plus tard un éventuel remplacement de cette force par une opération de l'ONU.
Le Conseil a pris cette décision, qui était attendue, dans une résolution rédigée par la Grande-Bretagne et adoptée à l'unanimité de ses quinze membres.
Le mandat de l'Amisom avait été prorogé pour six mois le 18 juillet par le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA). Pour avoir une pleine légitimité, cette décision avait besoin de l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, seul organisme habilité à veiller au maintien de la paix dans le monde.
La Somalie, pays de la Corne de l'Afrique, est en guerre civile depuis 1991. L'Amisom est déployée depuis mars 2007 à Mogadiscio, la capitale, mais est en sous-effectif et sous-financée.
Sur un effectif autorisé de 8.000 hommes, cette force n'en compte aujourd'hui que 1.700, en provenance d'Ouganda, et en attend prochainement 1.500 du Burundi.
L'UA souhaite que l'ONU prenne le relais de l'Amisom à la fin de son mandat, fin 2007. Mais lors de consultations au Conseil de sécurité le 13 août, il était apparu que les Etats membres n'étaient pas prêts à prendre une telle décision.
Un diplomate occidental avait alors indiqué que la hiérarchie de l'ONU était réticente à cette idée, tant que la paix ne règne pas dans le pays.
L'ONU est déjà intervenue en Somalie, au début des années 90, et en garde un douloureux souvenir: l'opération s'était soldée par un fiasco avec la mort de 151 Casques bleus.
Dans sa résolution, le Conseil se contente de demander au secrétaire général, Ban Ki-moon, de "continuer à développer les plans déjà existants en vue du déploiement d'une opération de maintien de la paix de l'ONU devant remplacer l'Amisom".
Ceci doit inclure notamment "l'envoi d'une nouvelle mission d'évaluation des besoins dans la région"; "la poursuite de contacts avec des pays contributeurs potentiels de troupes"; et "l'évaluation de ce que l'ONU et la communauté internationale peuvent faire pour aider à créer les conditions nécessaires (...) à un déploiement avec succès d'une opération de l'ONU en Somalie".
En attendant, la résolution charge M. Ban d'examiner avec le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, "la façon dont l'ONU pourrait apporter un soutien à l'Amisom", sur les plans financier, technique et logistique.
L'ambassadeur d'Afrique du sud, Dumisani Kumalo, a déclaré à la presse avoir voté la résolution avec réserve, se disant déçu que l'ONU ne soit pas "davantage impliquée en Somalie".
"J'aimerais voir l'ONU déployée en Somalie", a-t-il dit, estimant que "l'UA fait actuellement un travail qui devrait être fait par l'ONU".
Mogadiscio est le théâtre d'attaques meurtrières quasi-quotidiennes depuis la débâcle, il y a sept mois, des islamistes, qui ont perdu les régions qu'ils contrôlaient depuis la mi-2006, du fait d'une offensive de troupes éthiopiennes venues soutenir le gouvernement de transition somalien. |