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DJIBOUTI (ADI) – 31 Juillet 2007- Le Conseil de sécurité de l'ONU pourrait autoriser dès mardi le déploiement d'une force ONU-Union africaine dans la province soudanaise du Darfour, théâtre depuis 2003 d'un sanglant conflit entre le pouvoir central et des mouvements rebelles.
L'ambassadeur de Chine à l'ONU Wang Guangya, dont le pays est un allié du Soudan et qui préside ce mois-ci le Conseil de sécurité, a estimé que le vote sur la version révisée du projet de résolution, officiellement présentée lundi soir, pourrait intervenir dans l'après-midi.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown, en visite au siège de l'ONU à New York, s'est déclaré mardi confiant dans l'adoption du texte dans la journée.
"Aujourd'hui (mardi) est un jour important pour prendre une décision sur le Darfour et pour le changement", a dit M. Brown après un petit-déjeuner avec le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.
M. Brown, qui s'est entretenu du Darfour avec le président américain George W. Bush dimanche et lundi, a assuré que Washington soutenait le projet de résolution franco-britannique pour le déploiement de la force ONU-UA au Darfour.
"J'espère que ce plan (...) sera adopté dans la journée" de mardi, a dit M. Brown.
Le Soudan avait accepté sans condition le 12 juin l'envoi au Darfour d'une force hybride UA-ONU, baptisée Unamid et chargée de prendre le relais des 7.000 soldats de l'Union africaine actuellement sur place, mal équipés et sous-financés.
Ce déploiement, "pour une période initiale de 12 mois", dans cette province de la taille de la France n'est pas attendu avant le début de l'année prochaine. Constituée d'environ 26.000 soldats et policiers, l'Unamid sera, à ce moment-là, la plus importante mission de paix au monde.
Dans la dernière version du projet de résolution, dont l'AFP a obtenu une copie, il est écrit que la force commune Union africaine-Nations unies commencera à mettre en oeuvre "des moyens opérationnels" en vue d'établir un quartier général "en octobre 2007 au plus tard".
"Dès que possible et pas plus tard que le 31 décembre 2007", l'Unamid devra se voir transférer l'autorité de la part de l'actuelle force de l'UA.
"On a beaucoup travaillé aujourd'hui avec les Britanniques. Nous avons eu des consultations avec les membres du Conseil et dans un esprit de transparence avec l'ambassadeur du Soudan que nous avions déjà vu les jours précédents", a déclaré lundi en fin de journée Jean-Pierre Lacroix, le numéro deux de la représentation française à l'ONU.
"Nous avons essayé de prendre en compte les préoccupations de chacun, mais en préservant l'intégrité du mandat de la force, en veillant aussi à ce que nous donnions pour le déploiement de la force des indications dans le texte qui soient ambitieuses en termes de calendrier, mais aussi réalistes", a encore dit le diplomate français.
Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient au départ préconisé une ligne très ferme contre le Soudan, et le projet de résolution évoquait initialement, sans donner de détails, la possibilité de "prendre des mesures" contre les parties soudanaises qui ne respecteraient pas leurs engagements ou ne coopéreraient pas pleinement.
Mais il est vite apparu nécessaire d'adoucir le texte pour obtenir le soutien de certains membres africains du Conseil de sécurité et de la Chine.
Ainsi, le 24 juillet, la France et la Grande-Bretagne, soutenus par les Etats-Unis, ont retiré les menaces de sanction du projet de résolution.
La guerre civile au Darfour a fait environ 200.000 morts et 2,1 millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par Khartoum. |